Un test de fragilité

2024
72 page
120 x 200 mm
ISBN 978-2-88955-096-8

Ce qui est parterre jonche le sol et le sol en est fait.


Les choses qui nous entourent sont prises dans
un lent amalgame où nous sommes aussi pris. Le
mélange est continu mais l’immobilité règne. Des
gaz passent en courants contraires entre les arbres
et les tours, dans les tunnels, sous les barres des
buts de terrains de foot. Ce sont des mouvements
presque imperceptibles dans un calme inégal.


Parfois nous ne pouvons dire où commence ce qui
se remarque. Présence et absence sont des intensités
qui émergent ou se résorbent. Les objets dessinent
une respiration quand on les oublie.

Les céphéides sont de petites variations, de légers scintillements ici et des
gonflements gigantesques au loin. Elles apparaissent comme des objets
que l’on peut d’un regard attraper et comme des respirations qui ne se
laissent pas circonscrire. Le texte est de même à la fois un objet défini et
un mouvement échappant à l’emprise des consciences. Ses parties bougent,
formant un ensemble de pulsations contraires dans le ciel : chaque unité
gonfle et puis s’éteint. Dans cet écart, se saisir c’est aussi sentir échapper, et
l’intensité n’est pas seulement ce qui vient, mais aussi ce qui s’en va.
Un test de fragilité décrit des phénomènes et des états transitoires tels
que la buée sur une vitre disparaissant aussitôt qu’elle s’imprime, ou la
tiédeur d’une eau que l’on ne sent presque pas, mais qui lorsqu’on la sent
est ambiguë : est-ce elle que l’on sent ou notre propre température? Dans
le récit de ces événements, sentir est une faculté mal assurée délivrant des
présences incertaines. Ce faisant, au fil du texte se forme une musique
hypnotique de modulations.

L’auteur a bénéficié pour ce livre des bourses de création du Centre national du Livre à Paris et de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia.

Autour d’Un test de fragilité