la géométrie sale

Extrait du texte Recueil des neuf cents parallèles, paru dans le cinquième numéro de la revue Tissu, intitulé : LA GÉOMÉTRIE SALE.

La revue Tissu a été créée en 2004 par : Carla Demierre, Hélène Gester et Fabienne Radi.

http://www.revuetissu.ch/

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clope piston de souffle l’eau

(cramage de poussières herbes diverses vapeurs)

sort par perle de la terre

mégavégétation noueuse

Imagination du criquet

 

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ZEMA TYZ R.I.P

DISKOBUND (le muret)

des lumières – défense de traverser

à quai toutes les voies sont parallèles

 

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de la boue épaisse les pieds nus y avancent à tâtons

c’est l’incertain

(cran d’arrêt la mousse du tessons)

 

ossification du vide

 

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un oiseau monte raide creuse un écart

saillie de tout ce qui pèse sur la ville

 

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voir des étendues d’herbes parfois vertes brunes

penser chaque élément à son amorce hors de terre

bidons briques plastiques (les arbres sans feuille)

de la jachère

 

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l’écorce des arbres scories au toucher le restant rugueux

sur le lisse rond du tronc dépouillé

(extension en nœuds)

écailles poussières mousses de l’humide et du coupant

nous sommes les mycélium notre gonflement

couvrant fins films blancs – étouffer

 

une tombe ça n’a pas d’air plat

dans les futaies ça garde enfoncé n’a qu’un revers

 

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principe négligé de la tabula rasa

souci proche de l’orgasme

que quelque chose ramasse l’être entier partout par derrière

décollé de son fond informe sans y rien laisser

ne pas tout reprendre à zéro comme de rien

mais vouloir saisir toute l’eau les mains grandes ouvertes

 

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une trentaine de taches petites ou grandes aux murs de la salle d’eau

gonflement du papier peint ruissellement eau courante

derrière le mur en trappe coulisse

forme de menace organique rampante

déploiement d’une prédation – l’espace est atteint

ces bulles d’humidité corps végétation proliférant

(l’espace ruiné)

très discrètement de véritables fruits bientôt

des tubulaires pendants – la menace vient du plafond

 

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lorsque l’eau s’est repliée est descendue comme une eau

se serait elle-même avalée couche par couche repliée

du sable de la terre fendue partout

de vieilles souches des racines étendues tentacules

 

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toute la terre est une masse affaissée