Bonsaï

Baptiste Gaillard, Bonsaï, Hippocampe éditions, Lyon

L’écriture peut se concevoir comme un ensemble en expansion, grandissant en son centre par associations, fonctionnant selon une logique de déploiement, de variations et de déclinaisons, à la manière d’une tapisserie. Bonsaï trouve au contraire son origine dans le traitement de scories et de bribes, écartées de précédents textes au moment où s’en est dessinée l’unité. À partir de tels éléments, l’écriture s’amorce de manière plus succincte et modeste. Elle s’attache à l’abstention, à l’interruption, à la ligature, tout en gardant quelque chose de l’ordre du suintement.

Un guide de vulgarisation sur les bonsaïs, avec ses illustrations de petits arbres évoquant de courts textes, introduit l’idée d’une proximité entre cette pratique ornementale et l’écriture en général, mais le bonsaï est surtout devenu ici une forme poétique inventée pour soutenir ce travail des restes en arabesques. Dans un même livre, il y a alors le texte lui-même, le corps du texte, et il y a une bande passante où se trouvent des emprunts à un autre texte, auxquels vont pouvoir s’adosser les premiers, comme à des titres, des tuteurs. Ces deux textes cohabitent cependant d’une manière circonstancielle. Bonsaï met en œuvre une certaine aptitude à la non-coïncidence, à l’inajustement.

Extrait

Bonsaï aux Presses du réel

Article de Constance Chlore dans la revue de belles lettres 2019, 1

Article de Laurent Cennamo sur viceversalitterature.ch

Bonsaï aux Journées littéraires de Soleure 2019

Une forme antérieure de Bonsaï dans la revue Watts

Bonsaï au Centre Culturel Suisse de Paris

paru en novembre 2018
édition française
14 x 21 cm (broché)
120 pages (ill.)
 
ISBN : 979-10-96911-13-4

 

 

r a z

Baptiste Gaillard, raz, Contre-mur éditions, Marseille

Suivre au plus près les mutations d’un décor-monde à dominante organique, porter attention aux nuances de changements d’états et de formes des matériaux, des matières… voilà où — de flashs d’images en flashs d’images — ce texte nous entraine dans une expérience de visualisation et de perception du monde qui nous entoure — l’infiniment petit y compris.

Extrait

Sur le site des éditions Contre-mur

Traduction en allemand d’un extrait par Ruth Gantert

Soirée Contre-mur au Centre international de poésie de Marseille

Extrait de r  a  z dans le numéro 39 de la revue rehauts

Carte blanche des éditions Contre-mur à Impressions/Multiples, ESAM, Caen

 

Parution septembre 2017
ISBN : 978 – 2‑9547306 – 6‑0

 
 

 

 

 

Le Chemin de Lennie

Baptiste Gaillard, Le chemin de Lennie, Héros-Limite

Le Chemin de Lennie de Baptiste Gaillard se présente comme un long poème en prose déroulant une suite, quasi litanique dans sa forme répétitive, de phénomènes naturels dont jamais le cadre spatial ni l’ancrage temporel ne sont précisés. Une forme de vertige accompagne la lecture de cette chronique discontinue qui prend des allures d’Histoire de l’éternité naturelle, pour paraphraser le beau titre d’un livre de Borges. La dynamique du vivant ne fait ici l’objet d’aucune théorie évolutionniste, ni d’aucun jugement de valeur; elle est plutôt racontée sur le mode de la hantise: la prédation, la mort, le pourrissement, la prolifération aveugle, rythment la cadence des métamorphoses par lesquelles le vivant obéit à son inexorable objectif d’expansion.

L’écriture de Baptiste Gaillard épouse la forme cyclique des phénomènes qu’elle décrit. La répétition, la reprise, amènent à chaque fois une précision supplémentaire, s’attardent sur un aspect ignoré par les narrations antérieures, déplient une dimension négligée d’un processus de développement. De manière symptomatique, le texte est ponctué de «il y a», cette forme lourde que le Maître ou la Maîtresse nous apprend à bannir des premières rédactions écrites à l’école et qui revient pourtant ici naturellement sous la plume: «Il y a», c’est le constat, l’incontournable réalité qui est donnée dans sa brutalité, énumérée, grossièrement détaillée. «Il y a», c’est le contraire du «Il était une fois», cette formule par laquelle s’ouvre l’espace enchanté du conte, la garantie d’une histoire avec des personnages, bons ou méchants, et une fin, heureuse ou malheureuse, peu importe, mais une fin. Alors qu’avec le «Il y a», c’est comme si le récit se condamnait à la réitération, à l’anonymat des protagonistes, à l’absence de terme. Le chemin de Lennie, est un chemin étroit, c’est celui du langage lorsqu’il se risque à s’approcher au plus près du vivant sans rien cacher de la menace, de la force incontrôlable, de la dynamique impitoyable qui le caractérisent. Et le cheminement suivi, dans ce cas précis, n’offre pas de point de vue à partir duquel se dégagerait une vue d’ensemble, n’opère pas dans la distance, refuse l’imitation; il louvoie, il s’insinue, il s’enfonce ou fait mine de s’enfoncer in media res, au cœur des choses.

Y a-t-il une idée de la boue? demande Platon dans un dialogue où il laisse deviner la fragilité de la position idéaliste. On pourrait ajouter Et si oui, quel langage peut la dire? Le livre de Baptiste Gaillard apporte de précieux éléments de réponse à cette dernière question qui est aussi, est-il besoin de le rappeler, un défi auquel ne peut se dérober l’écriture poétique.

(Texte de Hervé Laurent)

Extrait

Le chemin de Lennie sur les site de Héros-Limite et de la HEAD-Genève

Article de Samuel Rochery

Soirée au Centre international de poésie de Marseille

Extrait du Chemin de Lennie dans la Revue des Belles Lettres – 2012, 2

Coédition Héros-Limite et HEAD – Genève
Collection: Courts lettrages
44 pages
140 x 215 mm
2013
isbn 978-2-940358-95-3

 

 

Un domaine des corpuscules

Photographie de Ladina Bischof

Comme la chrysalide pour les chenilles, le texte est une vaste usine des mutations. Il se déploie par capillarité et grandit par le milieu. Sa matière en évolution est régulièrement découpée, déplacée, réorganisée. Certains blocs se divisent pour former de nouveaux fragments, alors que d’autres entre eux s’agrègent. Du singulier ponctue l’itération des motifs, comme du solide restant dans un bain de macération : la délimitation est incertaine entre ce qui en est déjà, et ce qui résiste encore.


Quoique tenant plus du protéiforme que du déroulement ordonné d’un programme, Un domaine des corpuscules fait diffusément écho à la géométrie sale, notion centrale et titre d’un numéro de la revue Tissu. Hésitant entre enlisement et épiphanies, l’écriture se conçoit ici comme pensée de la poussière ou de la boue, et comme distillation dans sa grammaire de ce qu’elle charrie.

Extrait

Un domaine des corpuscules aux Presses du réel (distribution)

Prix Suisse de littérature 2018 pour Un domaine des corpuscules

Article de Romain Buffat sur viceversalitterature

Article de Pierre Muresan sur le blog de l’université de Fribourg

Article de Eric Duvoisin sur poesieromande

Entretien avec Romain Buffat

Passage sur les ondes de Radio Canut : La poésie débouche n.5, saison 2

Extraits traduits en allemand par Gabriela Zehnder et en italien par Pierre Lepori

paru en mars 2017
édition française
14 x 21 cm (broché)
96 pages
 
ISBN : 979-10-96911-02-8