Ancolie commune, Cléa Chopard

Ancolie commune est un titre complet, jusque dans sa possibilité de n’être que partiel. Au constat de l’éventuelle ablation d’un mot, on subit une démangeaison langagière, avec l’envie de compléter. Ce sont des réflexions de ce type qui se succèdent ensuite dans le livre. Le texte y est à la fois un trouble, et une herboristerie visant à calmer les désordres du langage. Embolie vocale, accents, insomnie narrative : toutes sortes de pathologies étranges sont traitées. Cette écriture, usant d’infiltrations dans d’autres domaines, cherchant de vraies réponses dans des hypothèses fictives, fonctionne comme si poésie était le nom donné au texte lorsqu’il n’a de ressource pour comprendre que lui-même.

(Cléa Chopard, Ancolie commune, Genève : Héros-Limite, 2017 (L’ours blanc #15))